Exploration géophysique GEOCOND2022 : des résultats prometteurs pour la géothermie profonde en Wallonie

Dans le cadre du projet européen DGE‑ROLLOUT, la Wallonie a franchi une étape majeure en matière de connaissance de son sous‑sol. En décembre 2022, l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (IRScNB – Service Géologique de Belgique) a mené une vaste campagne d’exploration géophysique baptisée GEOCOND2022.
Ses résultats ont ouvert de nouvelles perspectives pour le développement de la géothermie profonde en Wallonie.

Un projet européen au service de la transition énergétique

Financé par INTERREG Europe du Nord‑Ouest, la Wallonie et l’État fédéral, le projet DGE‑ROLLOUT a réuni 19 partenaires de Belgique, France, Allemagne et Pays‑Bas.
Son objectif : accélérer le déploiement de la géothermie profonde en Europe du Nord‑Ouest en mutualisant connaissances, méthodes et outils d’aide à la décision.

En Wallonie, l’une des actions majeures du projet a consisté à imager le sous‑sol le long de deux grands profils traversant 15 communes. Pour cela, des camions vibrateurs et des milliers de capteurs ont permis de réaliser une véritable échographie du sous‑sol jusqu’à 15 km de profondeur.

Une campagne géophysique d’envergure

Entre le 7 décembre 2022 et le 1ᵉʳ janvier 2023 :

  • 63 km de profils ont été acquis ;
  • 3027 points vibrés et 3060 capteurs ont été déployés ;
  • Plus de 1200 propriétaires ont été sollicités, dont la grande majorité a donné son accord.

Les profils reliaient Fernelmont au nord de Marche‑en‑Famenne, et Gembloux à Onhaye.
Cette approche a permis d’obtenir des données d’une qualité jusque‑là inédite pour la région.

Figure 1 - Carte des tracés des lignes 1 et 2 de GEOCOND2022 et les 15 communes traversees.jpg

Une meilleure compréhension du potentiel géothermique profond

L’acquisition GEOCOND2022 a fourni une image consolidée de la structure du sous‑sol jusqu’à 15 km de profondeur — un record en Wallonie. Les ondes mécaniques envoyées par les camions ont pu se propager jusqu'à environ la moitié de la croûte terrestre, ce qui représente une avancée importante dans la capacité à imager le sous-sol dans un domaine géologique complexe comme celui de la Wallonie.

Les analyses ont permis :

1. De préciser la profondeur des calcaires du Dinantien sous la Faille du Midi

Ces calcaires du Carbonifère inférieur (360–330 millions d’années), déjà exploités pour la géothermie dans la région de Mons, constituent les principaux réservoirs géothermiques profonds de Wallonie.
Jusqu’alors, leur présence sous la Faille du Midi reposait surtout sur des modèles conceptuels. GEOCOND2022 a permis d’en identifier clairement les réflecteurs et d’en mieux délimiter l’extension.

Figure 2 - Carte du sommet des calcaires Dinantien en Wallonie.jpg

2. De cartographier des calcaires plus anciens : le Givétien–Frasnien

Situés dans le Condroz à des profondeurs de 1 à 3 km, ces calcaires (388–372 millions d’années) représentent un réservoir géothermique dont le potentiel devra être étudié davantage dans les années à venir.

Une base de données stratégique pour les années futures

Outre la campagne de terrain, le projet DGE‑ROLLOUT a conduit à de nombreuses actions, rapports et cartes, comme :

  • une carte de profondeur du sommet, de la base des calcaires du Dinantien et de l'incertitude sur les résultats dans la zone d'étude du projet ;

Figure 3 - Carte de la profondeur du sommet des calcaires du Dinantien dans la zone d'étude du projet DGE-ROLLOUT.jpg

Ces outils constituent aujourd’hui une référence pour guider les politiques énergétiques, orienter la prospection géothermique et soutenir les porteurs de projets.