FAQ - Agro-combustibles

Qu’est-ce qu’un agrocombustible ?

Un agrocombustible peut être défini comme toute biomasse végétale produite par une culture
agricole (résidus de culture et cultures énergétiques dédiées) utilisée dans un processus de
combustion.

Quels sont les types d’agrocombustibles ?

  • Les agrocombustibles ligneux dont les plaquettes de taillis (TCR, TtCR) et résidus de taille de haies.

Agrocombustibles ligneux .jpg

  • Les agrocombustibles lignocellulosiques comme les anas de lin, le miscanthus, le panic érigé, les pailles
    de céréales, la chènevotte, etc.

agrocombustibles lignocellulosiques.jpg

Quels sont les avantages et inconvénients des agrocombustibles ?

Avantages des agrocombustibles Inconvénients des agrocombustibles
Production locale Teneur en cendres généralement plus élevée
que les combustibles forestiers
Compétitivité par rapport aux combustibles
forestiers
Adaptations (souvent légères : recyclage de
fumées) des chaudières biomasse pour
l’utilisation d’agrocombustibles
  Densité souvent plus faible que les
combustibles forestiers

 

Existe-t-il des subsides pour les cultures dédiées ?

Quelle est la place des cultures dédiées dans la PAC ?

Les cultures dédiées (chanvre, lin, miscanthus, taillis à courte rotation) sont toutes éligibles au
droit de paiement de base (DPB) avec un code culture particulier. Seuls le chanvre et le lin sont
déclarables en agriculture biologique.

Les cultures dédiées sont-elles intéressantes sur le plan environnemental ?

Deux propriétés de certaines cultures dédiées pourraient ouvrir la voie à de futurs subsides (par
exemple, l’intégration aux méthodes agro-environnementales) octroyés dans le cadre :

  • De la lutte contre le changement climatique : le miscanthus et le taillis à courte rotation ne nécessitent pas de fertilisation ni de produits phytosanitaires une fois implantés, tout en restant productifs pendant 20 ans. Le bilan énergétique et climatique en ressort favorable.
  • De la lutte contre les pollutions environnementales d’origine agricole : le miscanthus et le taillis à courte rotation ralentissent les coulées boueuses, protègent les nappes phréatiques et les cours d’eau, les populations et zones sensibles,…

Les cultures dédiées sont-elles rentables sans subsides ?

Les cultures dédiées présentent des marges brutes à l’hectare inférieures à celles des grandes
cultures. Leur implantation sur des zones sensibles mais très productives ne sera donc possible
que moyennant l’octroi d’un subside compensant la perte de revenus.

Les cultures dédiées menacent-elles la sécurité alimentaire ?

Quelles surfaces occupent les cultures dédiées actuellement ?

Actuellement, les cultures dédiées à l’énergie ou aux matériaux (miscanthus, taillis à courte
rotation, chanvre, lin,…) occupent 13.309 hectares, pour une surface agricole utile d’environ
700.000 hectares, soit 1,90%.

Surfaces cultures.jpg

Y a-t-il un risque que les surfaces de ces cultures augmentent rapidement ?

Les cultures dédiées présentent des marges brutes à l’hectare semblables ou légèrement
inférieures à celles des grandes cultures. Il est donc peu probable d’assister à une conversion
massive de parcelles vers les cultures dédiées.


Certaines cultures dédiées telles que le miscanthus et taillis à courte rotation sont valorisées à
une échelle locale, étant donné l’impact de coûts de transport sur la rentabilité de la production.
Ceci permet de bâtir une chaîne de valeur profitable à l’échelle locale : production d’énergie ou
de matériaux compétitifs, implication d’entrepreneurs locaux, etc.


Ces cultures se positionnent comme cultures à faible impact environnemental. Une fois
implantées, plus aucun fertilisant ni pesticide n’est requis pendant une durée de 20 ans. Ceci
permet aux agriculteurs de les implanter à des endroits sensibles : coulées boueuses, bords de
cours d’eau, captages d’eau, écoles, homes,… Il s’agit donc d’implantations sous forme de
bandes, localisées et non généralisées sur de grandes surfaces en Wallonie.


Ces cultures permettent de lutter contre le changement climatique en stockant du carbone dans
le sol et en ne consommant pas d’intrant tandis que la production de biomasse est élevée sur la
parcelle. En comparaison avec une culture alimentaire, les cultures dédiées présentent un bilan de gaz à effet de serre beaucoup plus léger, voire nul, ce qui contribue à réduire nos émissions
de gaz à effet de serre

Les cultures dédiées menacent-elles la sécurité alimentaire ?

Enfin, pour compléter le débat, 88 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année
dans l’Union Européenne, soit 20% de la nourriture produite en Europe. D’après le programme
alimentaire mondial, le monde produit suffisamment de nourriture pour l’alimentation de tout un
chacun, mais la nourriture n’est pas bien distribuée dans le monde. Ceci résulte en un gaspillage
d’environ un tiers de la production alimentaire mondiale.

Le phytomanagement, une filière d’avenir pour produire de l’énergie ?

Le phytomanagement, c’est quoi ?

Le « phytomanagement » consiste en une pratique visant la production d’espèces végétales sur
des sites marginaux d’usage en vue de créer des produits/matériaux innovants, des bioénergies
et/ou agir sur la pollution en place (phytoremédiation). Grâce à la plantation et la culture d’espèces
appropriées le phytomanagement des sols peut revaloriser des parcelles jusqu’à présent
délaissées.

Qu’est-ce qu’un site marginal d’usage ?

Un site marginal d’usage (Smarg) est un site non utilisable à des fins alimentaires ou foncières
(immobilier) et/ou présentant des signes d'abandon (site délaissé, pas d'entretien du site visible
ou absence d'entretien du site dans un futur proche.). Ce site peut présenter ou non des
altérations du sol.


Exemples de site marginal d’usage :

  • Site pollué par une exploitation industrielle ou une ancienne décharge
  • Site présentant une forte érosion
  • Site à faible activité biologique (perte des matières organiques)

Peut-on parler de filière d’avenir ?

La production de biomasse sur un Smarg est encore une pratique marginale en Wallonie. Malgré
tout, de plus en plus de sites sont identifiés. Les acteurs de la filière - exploitants et utilisateurs
finaux de biomasse, scientifiques à la recherche de terrains expérimentaux, propriétaires et
gestionnaires de terrains pollués - se mobilisent pour voir de nouveaux projets émerger.