Quel bilan carbone ?

Les véhicules électriques sont souvent présentés comme une solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais qu’en est-il vraiment si l’on prend en compte l’ensemble de leur cycle de vie ?

Le bilan carbone d'un véhicule : de la fabrication au recyclage

Les émissions de CO2 d'un véhicule ne se limitent pas à son usage. Il faut aussi considérer :

  • La fabrication : extraction des matières premières, production des composants et assemblage.
  • L'énergie consommée : production de carburant ou d'électricité, et consommation lors de l'utilisation.
  • L'entretien : changement de pièces, usure des pneus, etc.
  • La fin de vie : collecte, recyclage et élimination du véhicule et de sa batterie.

La production d'un véhicule électrique génère plus d'émissions de CO2 qu'un véhicule thermique, notamment en raison de la fabrication de la batterie. Cependant, ces émissions sont compensées par une utilisation moins polluante sur le long terme.

L'impact environnemental d'un véhicule électrique selon le pays

L'avantage écologique d'un véhicule électrique dépend fortement de l'origine de l'électricité utilisée pour le recharger.

  • En Belgique, un véhicule électrique émet environ 38% des émissions d'un véhicule essence et 45% de celles d'un diesel.
  • La Suède et la France, grâce à leur mix énergétique faiblement carboné, offrent les meilleures conditions pour rouler électrique.
  • En revanche, dans des pays comme la Pologne ou l'Estonie, où l'électricité provient majoritairement du charbon, l'intérêt du véhicule électrique est plus limité.

Avec la transition énergétique et l’augmentation des sources d’énergie renouvelable, le bilan carbone des véhicules électriques continuera de s’améliorer.

À noter, après 65.000 km en moyenne le véhicule électrique aura une empreinte carbone inférieure à une véhicule thermique, et ce avec le mix énergétique belge.

Les véhicules hybrides rechargeables : une solution intermédiaire ?

Les hybrides rechargeables (plug-in hybrid) combinent un moteur thermique et un moteur électrique. Leur efficacité varie selon l'usage :

  • Idéals pour des trajets courts et urbains (forte récupération d'énergie au freinage).
  • Moins avantageux sur autoroute, où le moteur thermique prend le relais.
  • Leur impact écologique dépend de la discipline des conducteurs à les recharger régulièrement.

Les batteries : coût, poids et durée de vie

  • Une batterie moyenne de 85 kWh pèse environ 340 kg.

  • Son coût varie de 14 000 à 51 000 €, selon la technologie et le constructeur.
  • Les garanties constructeurs couvrent en général 8 ans ou 160 000 km.

Pour optimiser la durée de vie d'une batterie, il est recommandé de ne pas la décharger en dessous de 20% et d'éviter de la recharger à 100% trop fréquemment. L’idéal étant 80%.

L'utilisation au quotidien

  • 90% des recharges se font à domicile ou au travail.

  • Disposer d'une solution de recharge privée est un critère essentiel avant l'achat.
  • En voyage, l'utilisation de bornes rapides (50 kW et plus) est recommandée, en limitant la vitesse à 120 km/h pour réduire les temps de recharge.

 

Si les véhicules électriques ne sont pas encore parfaits, ils permettent d’ores et déjà de réduire significativement les émissions de CO2, surtout dans les pays où l'électricité est d'origine renouvelable ou nucléaire. Avec l'amélioration des technologies de batteries et la décarbonation du mix électrique, leur impact environnemental sera encore plus positif dans les années à venir.