Isolation

Le volume protégé et la compacité

Le volume protégé

Le coût de l'isolation thermique représente en général quelques pourcents du montant global du gros oeuvre; les économies qu'elle permet sur les consommations justifient pleinement cet investissement. Ce montant dépend toutefois également de VOUS car il VOUS appartient de définir avec votre architecte quelles sont les zones à protéger et avec quelles performances, en sachant que plus vous isolez thermiquement, plus vous réduisez vos dépenses énergétiques.

Pour que le confort soit uniforme, il faut isoler thermiquement toutes les parois du volume à chauffer ; il convient donc de bien définir les zones d'habitation à isoler, qui vont constituer ce que l'on appelle le "volume protégé".

 

La compacité

La compacité d'un bâtiment est le rapport entre son volume protégé et la surface de déperdition de ses parois. Plus ce rapport est grand (un grand volume pour peu de surface de déperdition), meilleure est la compacité du bâtiment. Comme les parois mitoyennes ne sont pas considérées comme des surfaces de déperdition thermique (on considère que le(s) bâtiment(s) voisin(s) est(sont) chauffé(s)), les maisons mitoyennes et les appartements présentent, pour un même volume, une meilleure compacité.

Construire un bâtiment compact, c'est limiter sa surface de déperdition et ses besoins en énergie pour le chauffage (on limite également la quantité de matériaux de construction).

 

Isoler toutes les parois du volume à protéger

L'isolation thermique est un poste prioritaire pour obtenir un bâtiment performant. Isoler permet de réduire les pertes de chaleur au travers des parois. L'isolation doit être pensée en terme de globalité: n'isoler que la toiture ou ne mettre que du double vitrage sont des précautions insuffisantes car des déperditions de chaleur existent au niveau de toutes les parois.

Les épaisseurs et types de matériau isolant doivent être spécifiés sur les plans et dans le cahier des charges ; ces épaisseurs doivent être suffisantes pour répondre aux exigences de la réglementation et être réellement placées sur chantier pour optimiser votre maison.

Un grand soin de mise en œuvre doit être porté pour assurer la continuité de l'isolation sur toute l'enveloppe du volume à protéger et pour éviter la présence de ponts thermiques. 

Un pont thermique est une interruption de la couche isolante qui occasionne des pertes de chaleur plus importantes pouvant conduire à l'apparition de condensation et de moisissures.

Dans une nouvelle construction, on préférera le terme «nœuds constructifs» qui couvre l'ensemble des endroits de l'enveloppe du volume protégé où peuvent apparaître des pertes de chaleur supplémentaires. Les jonctions entre deux parois ou au niveau d'un percement de la paroi sont des points sensibles. Plus une maison est isolée, plus il faut être attentif aux noeuds constructifs car les zones fragilisées par l'absence d'isolation ont d'autant plus d'impact que les autres parois sont protégées du froid.

Rendre les parois étanches à l'air

Les parois doivent présenter une bonne étanchéité à l'air et au vent, afin de garantir leur pouvoir isolant. Il est important de distinguer ventilation et fuites d'air non contrôlées (par infiltration d'air froid et exfiltration d'air chaud) :

  • La ventilation se réalise au moyen de systèmes qui permettent un apport d'air frais souhaité

  • Les fuites d'air sont purement forfuites et non désirées

Les conséquences des fuites d'air dans une paroi sont :

  • une consommation de chauffage plus élévée
  • des courants d'air gênants
  • des performances acoustiques moindres

Les fuites d'air les plus importantes :

  • Pourtour des châssis
  • Raccords de toiture au faîte et en pied
  • Percements pour éclairage

 

Plans, cahier spécial des charges et chantier

Les détails constructifs délicats du projet d'habitation doivent faire l'objet d'une description précise dans le dossier d'exécution (plans, cahier des charges...). Lors de l'exécution, sur chantier, leur réalisation correcte sera soigneusement vérifiée.

Le degré d'étanchéité à l'air d'un bâtiment influence fortement sa performance énergétique. Pour connaître ce degré, il est nécessaire d'effectuer un test d'étanchéité à l'air (souvent nommé test « Blower Door »)

 

Le test d'étanchéité à l'air

Pour connaître le débit de fuite, il faut effectuer un test d'étanchéité à l'air, dit d'infiltrométrie (ou test «BlowerDoor »),conformément aux spécifications en vigueur en Wallonie. Toutes les ouvertures (portes, fenêtres, hotte de cuisine...) étant fermées, le bâtiment est mis en surpression ou en dépression à l'aide d'une «porte à ventilateur » installée dans l'ouverture d'une porte ou d'une fenêtre de la maison. Un tel équipement permet de calculer le volume d'air qui s'échappe en un temps donné et ainsi de déterminer le débit total de fuite.

Plus le débit de fuite est petit, plus la maison est étanche. Grâce à une bonne mise en oeuvre des membranes d'étanchéité à l'air du bâtiment (pare-vapeur ou freine-vapeur), on peut obtenir des valeurs de débit de fuite inférieures à 3m³/hm².