La paille

Quand on parle d’isolation des bâtiments, on pense le plus souvent à la laine minérale, aux mousses synthétiques ou aux panneaux rigides. Pourtant, d’autres matériaux existent, issus de ressources renouvelables et locales. C’est le cas de la paille, un coproduit agricole abondant, utilisé depuis plusieurs décennies dans certains pays comme matériau d’isolation et de remplissage des parois.

Sans être une solution universelle, la paille constitue aujourd’hui une option crédible parmi d’autres pour celles et ceux qui souhaitent réduire l’impact environnemental de leur construction ou de leur rénovation.

Quelles sont ses qualités ?

Utilisée sous forme de ballots compressés, la paille présente de bonnes performances en isolation thermique : elle limite les pertes de chaleur en hiver et contribue à maintenir une température intérieure plus stable en été. Elle possède également des propriétés intéressantes en matière de régulation de l’humidité et de confort acoustique.

 Stavelot - Architecte : STEPHEN TOUMPSIN - Projet BATEX

Projet BATEX - Stavelot  - Architecte : STEPHEN TOUMPSIN

Sur le plan environnemental, son bilan est favorable : la paille est un matériau renouvelable, peu transformé, généralement produit localement, et qui stocke du carbone durant toute la durée de vie du bâtiment.

Ces atouts doivent toutefois être replacés dans leur contexte. Comme tout matériau, la paille nécessite une conception adaptée, une mise en œuvre soignée et une bonne protection contre l’humidité. Elle ne convient pas à tous les types de projets et demande un savoir-faire spécifique.

 

Des performances étudiées scientifiquement en Wallonie

Ces caractéristiques ont fait l’objet d’analyses approfondies dans le cadre du projet de recherche aPROpaille, consacré à la valorisation du ballot de paille comme élément de construction.

 

 

Ce projet a réuni l’UCLouvain, l’Université de Liège (campus de Liège et Gembloux), l’entreprise Paille-Tech et l’ICEDD, avec le soutien financier du Service public de Wallonie (SPW).

Les chercheurs ont mené différentes analyses : inventaire de bâtiments existants en paille, essais en laboratoire, suivi de bâtiments occupés, simulations numériques et analyses environnementales. L’objectif était d’évaluer de manière rigoureuse les performances hygrothermiques, la durabilité et les conditions de mise en œuvre de ce mode constructif.

Les résultats montrent que, dans un cadre bien maîtrisé, la paille peut répondre aux exigences actuelles en matière d’isolation et de confort, tout en présentant un intérêt environnemental réel.

Si la construction en paille est relativement répandue en Amérique du Nord et mieux connue dans certains pays européens, elle reste aujourd’hui peu utilisée dans la construction courante en Belgique. Elle demeure principalement l’affaire de projets pilotes, de bâtiments publics exemplaires ou de particuliers sensibilisés aux enjeux environnementaux.

Le projet aPROpaille a débouché sur la publication de vade-mecum (voir ci-joint) destinés aux agriculteurs, architectes, maîtres d’ouvrage et professionnels du bâtiment, afin de diffuser les bonnes pratiques et d’éviter les erreurs de conception.

La projet de recherche aPROpaille illustre l’évolution actuelle du secteur du bâtiment, qui explore des solutions plus sobres en ressources, moins émettrices de CO₂ et mieux adaptées aux enjeux climatiques.

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