2023
Une consommation intérieure brute à un niveau historiquement bas
En 2023, la consommation intérieure brute (CIB) de la Wallonie s’établit à 159,5 TWh, soit son niveau le plus bas depuis 1990. Elle recule de 7 % par rapport à 2022, de 24 % par rapport à 1990 et de 27 % par rapport à 2005.
La Consommation intérieure brute reflète à la fois la consommation finale d’énergie et les volumes d’énergie utilisés pour la transformation, notamment pour la production d’électricité. Les fluctuations marquées observées au cours des dernières années sont largement liées au fonctionnement du parc nucléaire (révisions, entretiens et arrêts temporaires). Cette tendance à la baisse devrait se poursuivre à la suite de l’arrêt définitif de Tihange 2 en février 2023, puis de Tihange 1 en octobre 2025.

Figure 1 - Evolution 1990-2023 de la consommation intérieure brute totale (en TWh PCI)
Il convient par ailleurs de rappeler que la Wallonie demeure exportatrice nette d’électricité, ce qui explique les valeurs négatives observées sur certains flux (à l’exception de l’année 2015).
Une répartition des flux énergétiques révélatrice des usages
Le diagramme des flux énergétiques met en évidence la répartition de cette consommation intérieure brute par vecteur énergétique (nucléaire, gaz naturel, énergies renouvelables, produits pétroliers, etc.).
Ces flux se répartissent ensuite entre les entrées en transformation (principalement pour la production d’électricité) et la consommation finale, ventilée par grands secteurs d’usage. Il s’agit de l’industrie, des transports, du logement et du secteur tertiaire (commerce, bureaux, santé, enseignement, etc.).

Figure 2 - Diagramme des flux énergétiques de la Wallonie en 2023 (GWh)
Une baisse généralisée de la consommation finale, à l’exception des transports
En 2023, la consommation finale d’énergie diminue dans l’ensemble des secteurs, à l’exception du transport et de l’agriculture. La variation observée dans le secteur agricole s’explique par un changement méthodologique.
La baisse globale de la consommation finale s’inscrit dans le prolongement de la crise des prix de l’énergie. Bien que les prix du gaz et de l’électricité aient reculé par rapport au pic atteint en 2022, ils demeurent sensiblement plus élevés qu’avant la crise. Dans ce contexte, les ménages comme les entreprises ont maintenu des comportements de sobriété énergétique, tels que la réduction des températures de chauffage, l’optimisation des horaires de fonctionnement ou encore l’arrêt d’équipements devenus peu performants.
Dans l’industrie, le recul est encore plus marqué. Il résulte de la combinaison de coûts énergétiques élevés et d’une évolution structurelle de long terme, caractérisée par un recentrage vers des activités à plus forte valeur ajoutée et moins intensives en énergie. Les crises énergétiques et économiques récentes ont joué un rôle d’accélérateur : certaines installations fonctionnent durablement à régime réduit ou sont mises à l’arrêt, tandis que des investissements en efficacité énergétique sont déployés plus rapidement.

Figure 3 - Evolution de la consommation finale avec usages non énergétiques par secteur d'activité
La structure sectorielle de la consommation finale d’énergie a profondément évolué entre 1990 et 2023, sous l’effet notamment de la crise économique de 2009 et de la crise sanitaire de 2020.
L’industrie, qui représentait plus de 50 % de la consommation régionale totale (y compris les usages non énergétiques) en 1990, et encore 43 % en 2008, n’en représente plus que 32 % en 2023.
À l’inverse, le secteur des transports a vu sa part augmenter de manière continue : de 19 % en 1990 à 27 % en 2010, pour atteindre 33 % en 2023, devenant ainsi le premier secteur consommateur d’énergie en Wallonie.
Des évolutions contrastées selon les vecteurs énergétiques
L’analyse par vecteur énergétique met en évidence plusieurs tendances structurelles majeures sur la période 1990–2023 :
- Un effondrement de la consommation de combustibles solides et de gaz dérivés, passés du premier au dernier rang, principalement à la suite de la fermeture progressive des hauts-fourneaux. Ces combustibles ne sont plus utilisés de manière significative que dans certains secteurs spécifiques, tels que le secteur des cimentiers et des chaufourniers, où ils sont toutefois de plus en plus remplacés par des combustibles de substitution, renouvelables ou non.
- Une diminution marquée de la consommation totale de produits pétroliers (-48 % par rapport à 1990), accompagnée toutefois d’une augmentation de 34 % des carburants utilisés dans les transports, notamment en lien avec la forte croissance du transport aérien. La dépendance de la Wallonie aux produits pétroliers reste élevée : ils représentent encore 44 % de la consommation finale.
- Une hausse significative de la consommation d’électricité (+21 % depuis 1990), qui est passée du cinquième au troisième rang des vecteurs énergétiques. Cette tendance devrait se renforcer dans les années à venir, sous l’effet du développement de la mobilité électrique et de l’implantation croissante de centres de données.
- Le gaz naturel demeure, avec les carburants de transport, l’un des principaux vecteurs énergétiques de la consommation finale régionale.

Figure 4 - Evolution de la consommation finale avec usages non énergétiques par vecteur énergétique