Accélérer la rénovation énergétique des copropriétés

Accélérer la rénovation énergétique des copropriétés
Syndic Reno Support est un projet porté par Federia et soutenu par les Régions wallonne et bruxelloise, dont l’objectif est d’accompagner les syndics professionnels, afin de faciliter et d’accélérer la rénovation énergétique dans les immeubles à appartements. Avec près de quatre millions de Belges vivant en copropriété, l’enjeu est majeur, comme le résume Eleonora Maggiore, chargée de projet chez Federia : « Former un seul syndic, c’est potentiellement améliorer des dizaines d’immeubles. » 

La rénovation en copropriété est un processus particulièrement complexe. Multiplication des propriétaires, décisions à prendre collectivement, financements difficiles à combiner, obligations légales et administratives : tout cela fait du syndic un acteur clé. Lorsqu’il est bien formé et bien accompagné, ses bonnes pratiques se diffusent à l’ensemble des bâtiments de son portefeuille, créant un véritable effet de levier. C’est précisément ce rôle central que Syndic Reno Support cherche à renforcer. 

Pour soutenir les syndics dans leur mission, le projet a mis en place plusieurs services essentiels. Un helpdesk permet aux syndics de poser leurs questions et de recevoir un accompagnement personnalisé, tout en permettant à l’équipe du projet d’identifier les besoins les plus récurrents. Une bibliothèque de ressources en ligne reprend les questions traitées mais rassemble aussi les documents utiles provenant d’administrations et de projets spécialisés, que Syndic Reno Support analyse et contextualise. Comme l’explique Eleonora Maggiore : « Il existe déjà énormément d’informations… notre rôle, c’est de les rendre compréhensibles et accessibles. » Le projet propose également des formations d’une journée, en groupe ou directement en agence, qui abordent les bases indispensables pour mener un projet de rénovation : obligations légales, mécanismes de financement, planification des travaux et collaboration avec les architectes mais également des sujets pointus, tels que l’optimisation des installations de chauffage  ou les partages d’énergie. 

Un autre volet essentiel du projet, visant cette fois-ci le grand public, est la récolte et diffusion de Reno Stories, des récits de rénovations réelles réalisées par diverses copropriétés. Ces études de cas, accessibles en ligne, permettent de comprendre concrètement comment d’autres immeubles ont réussi leurs travaux : quelles techniques ont été utilisées, combien cela a coûté par appartement, comment le financement a été structuré et combien de temps le projet a pris.  

L’identification de plusieurs centaines de copropriétés et l’analyse de dizaines de projets concrets a permis au projet de dégager des constats marquants. D’abord, que 80 % des rénovations ne sont pas motivées au départ par des objectifs énergétiques, mais par des problèmes structurels comme des infiltrations ou des défauts d’étanchéité. Ce n’est que grâce au bon accompagnement que les copropriétés intègrent des améliorations énergétiques dans leurs travaux. « La différence entre des travaux-coût et des travaux-investissement, c’est souvent le bon conseil au bon moment », résume Eleonora Maggiore.   

Ensuite, la rénovation prend du temps : en moyenne, huit ans s’écoulent entre les premières discussions et la réalisation des travaux, à cause de la cadence des assemblées générales, des délais d’obtention de permis et de la recherche de financements mais aussi de la nécessité de transformer des intérêts divergents en décisions communes. En effet l’équipe a constaté de fortes disparités énergétiques au sein d’un même immeuble, avec des écarts moyens de trois à quatre classes PEB selon la position de l’appartement au sein de l’immeuble. Étant donné que les objectifs de rénovations sont privatifs (malgré des mécanismes de solidarité prévus à Bruxelles) cela vient compliquer les décisions collectives.  

Mais le financement reste le principal obstacle : dans 90 % des cas, les copropriétés doivent combiner au moins trois sources de financement, et les projets qui aboutissent se situent généralement dans une fourchette de 100 à 180 euros par mois par logement montrant le rôle crucial qui joue l’offre en termes de crédit. Les retours du service d’helpdesk et le sondage d’une centaine de syndic professionnelle ont par ailleurs permis de d’identifier difficultés récurrentes, points d’attentions et bonnes pratiques en matière de crédits en copropriété, aboutissant à un Vademecum à destination des professionnels et des échanges constructives avec le secteur bancaire pour faire évoluer l’offre. 

L’analyse des données de la Banque Carrefour des Entreprises soulève également un autre enjeu, cette fois ci spécifique aux plus petites copropriétés : près de 40 % des immeubles n’ont aucun syndic mandaté officiellement, malgré l’obligation légale.  Cela empêche l’accès aux primes, aux crédits ou même l’ouverture d’un compte bancaire au nom de la copropriété.  

Comme le souligne Eleonora Maggiore : « On s’est rendu compte qu'encore beaucoup de copropriétaires ignorent totalement l’obligation d’avoir un syndic, qu’il soit professionnel ou non professionnel. Cela peut poser des sérieux problèmes, particulièrement dès qu’on envisage de réaliser des travaux. »  

Pour répondre à cette problématique le projet a réalisé une série de vidéos pédagogiques gratuites en collaboration avec Homegrade, destinées aux petites copropriétés et aux syndics non professionnels détaillant, notamment, les actions à entreprendre pour se mettre en ordre administrativement.  

Par son action Syndic Reno Support souhaite également sensibiliser les autorités à la nécessité d’adapter les politiques publiques et les guichets énergie aux spécificités des copropriétés, qui fonctionnent de manière très différente des maisons unifamiliales. 

En conclusion, même si rénover un immeuble à appartements est un processus exigeant, Syndic Reno Support montre qu’il est parfaitement réalisable lorsque les copropriétés sont bien accompagnées. Grâce à des syndics formés, à de l’information accessible et à des conseils professionnels, les travaux ne sont plus qu’un coût incontournable : ils deviennent de véritables investissements durables, bénéfiques pour les occupants comme pour l’environnement. Ou comme le dit si bien Eleonora Maggiore : « L’enjeu, ce n’est pas seulement de rénover pour rénover : c’est de profiter des bonnes occasions pour sécuriser et améliorer son patrimoine. » 

Liens :  

https://www.syndicrenosupport.immo/fr/a-propos/renovation-energetique 

https://www.syndicrenosupport.immo/fr/reno-stories 

 

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