Le transport en 2006

Les transports, à la croisée des chemins

Au fil des années, la consommation énergétique des transports n'a cessé de progresser. La mobilité et les transports sont intimement liés et leurs implications en termes énergétiques et climatiques sont chaque jour plus présentes. Il est vrai que le secteur des transports est devenu, avec le temps, un des tout gros consommateurs, que ce soit en Wallonie, en Belgique, en Europe ou dans le reste du monde. Pourtant les transports représentent un secteur consommateur quelque peu atypique. Ses consommations sont générées par l'industrie, le tertiaire (le commerce par exemple) ou encore par les ménages. Ses évolutions ne se comprennent que par celles de ces trois autres secteurs. Une croissance économique, une amélioration du niveau de vie, engendreront naturellement' une augmentation de la mobilité et donc des consommations des transports.

En 2006, avec ses 35,9 TWh la consommation des transports représente près du quart des consommations finales totales en Wallonie. Il est remarquable de constater que la croissance observée depuis 1985, au moins, s'est interrompue à partir de 2005.

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Traditionnellement, on distingue quatre grands modes de transports qui sont étudiés indépendamment : la route (qui regroupe les voitures, les camions mais aussi certains transports en commun comme les bus du TEC), l'aérien, le ferroviaire (qui comprend essentiellement les chemins de fer mais aussi le métro léger de Charleroi) et les voies navigables.

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La route, halte à la croissance ?

Incontestablement, la route est aujourd'hui encore le poids lourd des transports wallons. Elle représente plus de 90% des consommations des transports. Ce secteur est aussi marqué par une très forte dépendance au pétrole. Il en est un tout gros consommateur sous deux formes essentielles, l'essence et le diesel. Depuis plusieurs années on assiste à une baisse sensible des consommations d'essence au profit du diesel.
Il est vrai que celui-ci reste moins cher à la pompe que l'essence grâce à une taxation plus avantageuse. De plus, les moteurs diesel sont intrinsèquement plus performants et permettent donc de consommer moins pour un confort de conduite qui est devenu aujourd'hui au moins équivalent.
Ces deux dernières années on a même assisté à un véritable effondrement des consommations d'essence (-17% rien qu'entre 2005 et 2006). Il est vrai que l'envolée des prix des produits pétroliers a poussé les consommateurs à rechercher des solutions plus économiques. Il faut d'ailleurs signaler que pour la première fois depuis 1980, on a assisté en 2005 et 2006 à une légère baisse des consommations du transport Tr-graph3routier comme le montre la figure ci-jointe. Elle montre aussi que c'est surtout l'essence qui poursuit sa "descente aux enfers" puisque la consommation de 2006 ne représente plus que 50% de ce qu'elle était en 1990 alors que la consommation de diesel a pratiquement doublé sur la même période.
Il faut aussi ajouter que malgré la hausse continue du prix des carburants routiers, le parc (c'est-à-dire le nombre de voitures, de camions et autres véhicules automobiles en circulation) continue à augmenter de même que le trafic. L'omniprésence de l'automobile est telle que nous avons du mal à imaginer comment la vie pourrait s'organiser autrement. Et pourtant, devant les cris d'alarme des climatologues et les craintes de pénuries pétrolières futures, il est clair que les transports routiers devront être profondément repensés pour être moins polluants et moins dépendants du pétrole.

Le décollage de l'aérien

Même s'il reste loin derrière la route, l'aérien connaît une croissance vertigineuse de ses consommations. Alors qu'il y a un peu plus de 10 ans, l'essentiel des consommations était du à la Défense nationale, le développement récent des aéroports de Charleroi (Brussel South, spécialisé dans Tr-graph4le transport de passagers) et de Bierset (orienté vers le transport de fret) ont propulsé les consommations à des niveaux jamais atteints. Elles atteignent aujourd'hui 2,3 TWh soit près de 7% de l'ensemble des transports. Le transport aérien civil consomme aujourd'hui 85% du total. Si on a pu noter une baisse en 2005, les consommations sont reparties à la hausse en 2006. Il faut encore ajouter que ces développements n'ont jusqu'à présent pas encore été affectés par l'envolée des prix des produits pétroliers. Pourtant, comme dans le cas des transports routiers, les déplacements par avion sont très dépendants du pétrole et donc de ses cours sur les marchés internationaux. La poursuite de la hausse du prix du baril risque fort d'influencer à terme le développement de l'ensemble de l'aviation civile.

Les voies navigables, un secteur très spécifique

La navigation fluviale, avec ses 223 GWh consommés, représente peu de choses dans l'ensemble des consommations du transport wallon. Pourtant, c'est un secteur en plein développement. Le trafic y est en progression depuis plusieurs années grâce, notamment, à la finalisation de quelques grandes infrastructures comme l'ascenseur à bateaux de Strépy-Thieu. Le transport par péniche est particulièrement bien adapté aux matières très pondéreuses alimentant les grands centres industriels (transport de minerais pour la sidérurgie, de combustibles solides pour les centrales électriques, ...)

La voie ferrée, une alternative crédible ?

Face à la croissance continue de la demande de mobilité qui se traduit, entre autres, par une augmentation continue du trafic routier, le transport Tr-graph5ferroviaire apparaît souvent comme une alternative de choix à côté du développement des autres modes de transport en commun (bus du TEC). Il est vrai que, du point de vue des consommations énergétiques, le train est nettement plus performant que la voiture individuelle. Les deux graphiques suivants montrent que si le transport ferroviaire représente plus de 5% du transport terrestre de passager, il n'absorbe que 2% du total des consommations. Un autre avantage incontestable de la voie ferrée est la possibilité d'utiliser l'électricité comme source d'énergie, chose encore aujourd'hui inimaginable à grande échelle pour la route. Le transport par train est donc aussi nettement moins dépendant du pétrole et de ses évolutions de prix. L'électricité peut en effet être produite par une large gamme de sources d'énergies (uranium, gaz naturel, renouvelables, ...)

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