Le résidentiel en 2009

Un bâti qui s'améliore doucement

Les politiques mises en œuvre depuis plusieurs années en Wallonie pour améliorer les performances énergétiques des logements commencent à porter leurs fruits. La figure ci-dessous montre par exemple que les chaudières à condensation sont devenues depuis 2007 majoritaires dans le total des ventes. Cette technologie se généralise donc et il s'agit-là de ce qui se fait de mieux en termes de rendements énergétiques de chaudières domestiques. Le nombre de primes à l'isolation des logements est lui aussi en hausse constante.

Résidentiel Fig. 1

Figure 1 : Evolution des ventes de chaudières à condensation en Belgique (Source Inforgaz)

Des consommations qui baissent mais pas assez vite

Grâce à ces améliorations mais aussi bien sûr à cause de la hausse généralisée du prix des énergies fossiles, on constate que les consommations énergétiques (corrigées des variations dues au climat) du secteur résidentiel wallon sont plutôt stables ces dernières années alors que le nombre de logements progresse assez nettement puisque d'une part la population augmente et que d'autre part la taille des ménages diminue. Le parc de logements a ainsi progressé de 8% depuis 1990 pour culminer en 2009 à 1 489 000 logements.

Cette stabilité des consommations est donc une bonne nouvelle puisqu'elle indique que la consommation par ménage est orientée à la baisse. Elle baisse même assez nettement. De 15% par rapport à 1990 (voir Figure 3).

Par contre et malgré ces tendances favorables, on ne constate pas encore la baisse sensible, structurelle et régulière que l'on devrait observer si l'on veut espérer se rapprocher des trajectoires qui doivent nous amener vers les objectifs ambitieux de 2020 soit -20 à -30% de réduction d'émission de gaz à effet de serre (GES) ou de 2050 (-80 à –95% de réduction de GES).

En 2009, les consommations énergétiques du secteur résidentiel s'élève ainsi à 32 TWh soit une baisse de 9% par rapport à 2008 et un quasi statu quo avec les chiffres de 1990 (-0,8%). Pourtant les climats très semblables de 2009 et de 2008 (baisse de 0,6% des degrés-jours) auraient pu laisser croire que la consommation serait restée inchangée. Pour le comprendre, il faut noter que les évolutions des consommations résidentielles sont assez contrastées. Les consommations de gaz naturel sont restées très stables (+0,5%) à l'image des degrés.jours alors que celles de gasoil de chauffage ont chuté de près de 20%. Il semble que les ménages se chauffant au mazout qui avaient pu faire le plein en toute fin de 2008 grâce à des prix très bas ont fait le gros dos en 2009 et ont différé le remplissage de leur cuve. 2009 a donc été le théâtre d'un phénomène de déstockage de produits pétroliers chez les particuliers.

Résidentiel Fig. 2

Figure 2 : Evolution de la consommation énergétique du secteur résidentiel wallon depuis 1985 (TWh)

Une facture qui a progresse depuis plusieurs années

Depuis 1990, la facture énergétique a fortement progressé. La figure suivante montre qu'en l'espace de 20 ans la facture moyenne d'un ménage à monnaie constante a augmenté de 17% alors que sa consommation baissait de 15%. La Figure 3 indique aussi que la facture a sensiblement baissé par rapport à 2008 que l'on tienne compte ou non de l'inflation.

Résidentiel Fig. 3

Figure 3 : Evolution de la consommation et de la facture des ménages wallons depuis 1990 (en indice 1990=100)

Des ménages qui restent fragiles face aux hausses des prix des énergies

Ces hausses de prix des énergies n'ont bien sûr pas le même impact pour toutes les couches de la population. Il est clair que pour les ménages précarisés les hausses brutales que l'on a connues ces dernières années peuvent conduire à une précarité énergétique difficilement tolérable. La Figure 4 ci-dessous montre ainsi que la facture énergétique moyenne d'un ménage wallon représente plus de deux mois de revenus d'intégration sociale d'un isolé (RIS). Assurément, la question énergétique deviendra de plus en plus une question sociale à mesure que les prix des énergies évolueront à la hausse dans les années à venir comme le laisse entendre une majorité toujours plus nombreuse d'experts.

Résidentiel Fig. 4

Figure 4 : Comparaison de la facture énergétique annuelle moyenne d'un logement avec les allocations sociales mensuelles

Sources : Solidarité Nouvelles Bruxelles, CSC, ICEDD, DGSIE EU SILC 2009 (Belgique revenus 2008)

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