Rénovation du bâti en Wallonie : le Gouvernement wallon pose un cadre général

Rénovation du bâti en Wallonie : le Gouvernement wallon pose un cadre général
Le Gouvernement wallon a pris, ce 11 décembre 2025, quatre décisions visant à définir un cadre global pour la rénovation des logements en Wallonie, en lien avec les objectifs européens en matière de performance énergétique des bâtiments.

Attention : il s’agit à ce stade d’un cadre et d’orientations. La plupart des décisions annoncées devront encore être validées, précisées et transcrites dans des textes législatifs et réglementaires avant de devenir applicables.

Les décisions portent sur quatre volets :

  • le décret, adopté en deuxième lecture, qui transpose la directive européenne sur la Performance Énergétique des Bâtiments (directive dite « PEB 4 »), dont l’objectif principal est d’entamer une trajectoire de rénovation pour amener le bâti à la PEB A en 2050  ;
  • un projet de plan de rénovation, qui fixe un calendrier indicatif de rénovation. Ce plan devra encore faire l’objet d’une validation par les autorités européennes, dans les 6 mois. Il sera ensuite transcrit dans la législation régionale ;
  • une adaptation du dispositif MEBAR, destiné à soutenir les ménages précarisés dans certains travaux essentiels (chauffage, isolation, salubrité) ;
  • une note d’orientation définissant les principes du futur régime de soutien à la rénovation, qui devrait entrer en vigueur au 1er octobre 2026.

Principes du futur régime de soutien à la rénovation

À l’avenir, le soutien régional devrait s’appuyer principalement sur des prêts, éventuellement complétés par des primes, et réservés aux projets permettant une amélioration significative de la performance énergétique du logement.

Deux outils sont envisagés :

  • le Rénopack : un prêt à taux zéro, avec une réduction du montant à rembourser assimilée à une prime ;
  • le Rénoprêt : un prêt à taux variable selon les revenus du ménage.

Ces prêts s’articuleront autour des principes suivants :

  • audit Logement préalable comme condition d’accès ;
  • investissements éligibles : travaux de salubrité et d’amélioration énergétique ;
  • montant de l’aide calculé sur l’investissement global, et non plus poste par poste ;
  • accès au soutien pour les propriétaires-occupants, les propriétaires-bailleurs et les copropriétés maintenu ;
  • matériaux biosourcés favorisés.

Un calendrier progressif pour améliorer la performance des logements

Le Plan de rénovation prévoit l’introduction progressive de seuils minimaux de performance énergétique pour le secteur résidentiel, avec l’objectif d’éliminer les labels PEB F et G à l’horizon 2035.

 En cas d’achat d’un logement (à partir de 2028)

L’acheteur disposerait d’un délai de cinq ans pour réaliser les travaux nécessaires à atteindre les labels suivants :

  • le label D pour un achat à partir de 2028 ;
  • le label C pour un achat à partir de 2031 ;
  • le label B pour un achat à partir de 2036 ;
  • le label A pour un achat à partir de 2041.

Pour les logements existants

Des niveaux minimaux seraient exigés aux échéances suivantes :

  • PEB F en 2031 ;
  • PEB E en 2036 ;
  • PEB D en 2041 ;
  • PEB C en 2046 ;
  • PEB B en 2050.

Le certificat PEB devrait également être simplifié et adapté, avec l’objectif de disposer d’un parc immobilier largement certifié d’ici 2030. Le renouvellement de certificat devrait être facilité. Toutes les possibilités d’harmonisation entre régions seront explorées.

Ces échéances restent indicatives à ce stade et devront être confirmées par la législation.

Sortie progressive des chaudières au mazout et au charbon

La Wallonie confirme son intention d’organiser une sortie progressive des chaudières au mazout et au charbon, avec plusieurs étapes annoncées :

  • interdiction de placement d’une chaudière au mazout ou au charbon dans les bâtiments neufs, résidentiels ou non, dès le 1er janvier 2026 ;
  • interdiction de remplacement d’une chaudière au mazout ou au charbon à tous les bâtiments assimilés à du neuf (c’est-à-dire faisant l’objet d’une rénovation dite « de fond », soit d’au moins 75% de l’enveloppe), dès le 1er janvier 2027 ;
  • interdiction du placement de nouvelles chaudières au mazout ou au charbon dans tout bâtiment, si disponibilité de réseau de gaz naturel, dès le 1er janvier 2027 ;
  • interdiction généralisée du placement de nouvelles chaudières au mazout ou au charbon à partir de 2031.

En parallèle, le dispositif MEBAR sera adapté pour permettre le financement d’alternatives, comme les pompes à chaleur ou certaines solutions biomasse.

Système d’accompagnement

Enfin, le Gouvernement wallon prévoit la mise en place d’un dispositif renforcé d’accompagnement des citoyens, au travers de guichets uniques permettant un appui technique ciblé sur-mesure, en trois niveaux, selon le profil des ménages et les caractéristiques du bâtiment concerné. Ce dispositif serait assuré pour le résidentiel, à terme, par l’Agence wallonne de l’Habitation et ses pôles locaux.

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