Industrie et bilan global 2007

Les consommations de l'industrie en Wallonie en 2007

L'année 2007 aura été caractérisée par un climat exceptionnellement doux. Le nombre de degrés.jours (DJ) a battu un nouveau record. La courbe ci-dessous donne d'ailleurs l'évolution de cette variable depuis 1970. Si on observe bien sûr des variations annuelles qui peuvent être fortes, l'allure générale de la courbe montre clairement une tendance à la baisse. Rappelons aussi qu'un nombre de DJ faible signifie que le climat a été doux pendant la saison de chauffe (pour l'essentiel entre le 15 septembre et le 15 mai).

En 2007, on a atteint 1578 DJ, en baisse de 12% par rapport à 2006 qui était déjà une année très clémente. On peut donc s'attendre à une consommation de chauffage des bâtiments en forte baisse et de fait, on a pu mesurer une baisse équivalente de 12% de la consommation de combustibles du secteur résidentiel par rapport à l'année précédente.

Bilans prov 2007 - graph1

Le résidentiel n'est pas le seul secteur à avoir vu sa consommation énergétique baisser. La courbe d'évolution de la consommation finale montre que celle-ci a également chuté en 2007. Elle atteint désormais 144 TWh, ce qui représente une baisse de 3.4% par rapport à 2006. Il est encore plus remarquable de constater que la consommation finale wallonne de 2007 est inférieure au chiffre de 1990. Elle est même en baisse de manière quasi-continue depuis 2002.

Si l'origine de ces évolutions est en partie imputable à la douceur croissante de nos hivers, le climat à lui seul n'explique pas l'ensemble des évolutions observées. Deux autres facteurs essentiels sont à prendre en compte si l'on veut comprendre ces mouvements à la baisse. Tout d'abord, il faut noter une baisse quasi-constante de la consommation énergétique de la sidérurgie. Celle-ci a fermé (un haut-fourneau à Seraing en début 2005) ou remplacé ( par des fours électriques) des outils très consommateurs. Enfin, elle a eu tendance à limiter sa production suite à son intégration dans le groupe Arcelor, en tous cas jusqu'en 2007.

Bilans prov 2007 - graph2

Par ailleurs le niveau élevé des prix des produits pétroliers a certainement incité les acteurs industriels à mettre plus rapidement en ?uvre les mesures d'économie d'énergie préconisées par les accords de branche signés avec le Gouvernement wallon.

Pour conclure, il faut donc retenir que la consommation énergétique de 2007 est en forte baisse par rapport à 2006 pour deux raisons essentielles, la douceur de climat et la chute d'activité en sidérurgie. Ces mouvements ont été renforcés par le niveau élevé des prix des énergies fossiles et la perspective des efforts d'efficacité énergétique auquel il faudra consentir à l'avenir que ce soit pour des questions de changement climatique ou de raréfaction des ressources.

La consommation intérieure brute en Région wallonne en 2007

Consommation intérieure brute et consommation finale sont deux images différentes de la situation énergétique d'une région ou d'un pays. La consommation intérieure brute correspond à l'ensemble des énergies qui sont utilisées pour alimenter une entité géographique, que cette énergie soit directement consommée par des utilisateurs finaux ou qu'elle soit transformée préalablement en une autre forme d'énergie (par exemple en électricité). Dans le cas de la Région wallonne, la différence essentielle entre la consommation finale et la consommation intérieure brute trouve son origine dans les centrales électriques et dans une moindre mesure dans la transformation du charbon en coke. On trouve ainsi des combustibles nucléaires dans la consommation intérieure brute mais pas en consommation finale ou seule apparaît l'électricité produite dans les centrales électriques. Au passage, une partie non négligeable de l'énergie est perdue dans les processus de transformation. Le rendement des centrales électriques est en effet rarement supérieur à 50% (Il s'agit là d'un chiffre remarquable, fruit de prouesses technologiques mais les lois de la physique sont telles qu'il est très difficile d'encore l'améliorer sensiblement.), les lois de la physique sont ainsi faites. Pour l'essentiel, c'est donc la transformation électrique qui explique la différence entre les chiffres de consommation finale et intérieure brute.

En 2007, la consommation intérieure brute de la Région wallonne s'est élevée à 207 TWh. Elle est en baisse de plus de 2% par rapport à 2006 et de près de 1% par rapport à 1990. Si de 1985 à la fin des années nonante, la consommation a progressé de façon continue pour atteindre un palier aux environs des 220 TWh, elle est en baisse régulière depuis 2005. Cette nouvelle tendance peut s'expliquer principalement par la conjonction de trois facteurs. Premièrement, nous l'avons évoqué plus haut, l'activité industrielle est en baisse depuis plusieurs années, deuxièmement les conditions climatiques de ces dernières années ont été particulièrement clémentes surtout pendant les mois d'hiver ce qui a eu pour effet de limiter de façon importante les besoins de chauffage. Enfin, les prix des énergies se sont maintenus à des niveaux très élevés freinant d'autant les appétits des consommateurs. La baisse de la consommation intérieure brute est d'autant plus marquée que ces trois variables ont agi dans le même sens, celui de la modération des consommations comme l'indique la figure ci-dessous.

Global 2007

L'industrie en 2007

En 2007, les consommations du secteur industriel se sont élevées à 64 TWh. Elles accusent une baisse de 2% par rapport à 2006 et de 16% par rapport à 1990. Si la chute par rapport à 1990 est impressionnante, il faut signaler que jusqu'en 2001 on a plutôt assisté à une évolution en dents de scie. Il est vrai que la crise de 1993 a fait s'effondrer les consommations industrielles de plus de 10% mais dès l'année suivante, l'activité a repris et avec elle les consommations énergétiques. Par contre, depuis 2002, on assiste à une nouvelle lame de fond, à une baisse continue des consommations industrielles dont l'origine est à trouver dans les profondes modifications du tissu industriel wallon. La sidérurgie, traditionnellement très représentée sur le territoire wallon connaît depuis de longues années une érosion de sa place dominante. De reprises en fusions et en mises à l'arrêt d'outils provisoires ou définitives, sa consommation a baissé de 39% par rapport au niveau de 1990.

En observant les chiffres, on constate bien évidemment un lien assez étroit entre l'emploi et les consommations énergétiques d'un secteur mais on peut aussi y déceler l'indice de gains de productivité. Les accords de branche couvrent presque 90 % de la consommation industrielle en 2007 et concernent 192 sites, dont 11 nouveaux entrants en agro-alimentaire et 10 en chimie. L'amélioration de l'efficience énergétique approche les 10 % et représente 20,3 PJ d'économie d'énergie primaire depuis l'année de référence (2000):

Transport 2007-1

L'amélioration de l'efficience énergétique s'inscrit dans la restructuration de l'économie wallonne. Le poids de l'industrie se fait de plus en plus léger dans la consommation énergétique finale de notre région. Elle ne représente plus dorénavant que 45% du total contre 52% en 1990. La part de l'industrie en 2007 semble gonflée par la faiblesse de la consommation globale (y compris résidentiel tertiaire). Cette faiblesse est due à des conditions météorologiques exceptionnellement douces et à des prix des énergies restés très élevés.

Transport 2007-2

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